Le mélange linguistique au Maroc : Un regard sur Chefchaouen

Lors de mon séjour à Chefchaouen, une ville pittoresque située dans les montagnes du Rif, j'ai été agréablement surprise par la diversité linguistique qui y règne.J'ai toujours été intéressée par les dynamiques culturelles et linguistiques, et cette ville ne m'a pas déçue. La proximité géographique avec l'Espagne et l'histoire complexe du Maroc ont contribué à un riche mélange de langues, témoignant de l'interaction entre les différentes cultures.

À de nombreux endroit au Maroc, tel qu'à Chefchaouen, on peut entendre un éventail de langues se mêler dans les rues : l'arabe, le berbère (ou amazigh), le français et l'espagnol. L'arabe est la langue officielle, mais le dialecte marocain, connu sous le nom de darija, y est couramment parlé. J'ai été surprise de constater à quel point les habitants utilisaient l'espagnol dans leur vie quotidienne, surtout dans les échanges avec les touristes. Cela s'explique par l'histoire coloniale du Maroc, où le nord du pays a été sous contrôle espagnol pendant une grande partie du XXe siècle. Cette influence perdure, et les habitants de Chefchaouen, en particulier, ont intégré l'espagnol dans leur quotidien, souvent sans avoir suivi de cours formels.

L'impact du tourisme sur la langue 
J'ai également observé et déduis que le tourisme joue un rôle clé dans ce mélange linguistique. Chefchaouen, où communément appelée "la ville bleue" est devenue une destination prisée pour les voyageurs à la recherche de paysages époustouflants et d'une atmosphère paisible. En conséquence, les habitants ont appris à communiquer en plusieurs langues pour accueillir les visiteurs. Dans les souks, les restaurants et les hôtels, j'ai remarqué que les propriétaires et les commerçants parlaient couramment l'espagnol, mais aussi l'anglais et le français, afin de répondre aux besoins d'un public international. Cela m'a fait réfléchir à la manière dont le tourisme peut inciter les communautés locales à développer des compétences linguistiques qui, sans cela, pourraient ne pas être nécessaires mais aussi la capacité remarquable des Marocains à s’approprier rapidement de nouvelles langues. 

Cet aspect hors du commun des marocains à parler plusieurs langues s'attribue aussi au fait d'y parvenir sans avoir nécessairement étudié dans des écoles formelles. J'ai rencontré des jeunes qui, bien qu'ils n'aient jamais suivi de cours de langue ou même possédaient un historique d'éducation restreinte, parlaient couramment la langue grâce à leur interaction quotidienne avec les touristes et aux médias, comme la télévision et la musique. Cette aptitude naturelle à acquérir des compétences linguistiques m'a impressionnée et m'a fait remarquer comment certaines communautés peuvent s'adapter rapidement à leur environnement en développant de nouvelles compétences en réponse à des besoins sociaux et économiques.

Conclusion
Mon expérience à Chefchaouen m'a permis d'apprécier la richesse du mélange linguistique au Maroc, en particulier dans les régions proches de l'Espagne. Ce mélange culturel constitue une richesse inestimable, soulignant la capacité des Marocains à s'adapter et à interagir avec le monde qui les entoure. En tant que visiteuse, je me sens privilégiée d'avoir pu apprécier une telle dynamique.